Depuis plusieurs années maintenant la pratique des sports canins est en plein essor. D’abord réservées aux initiés, les différentes disciplines canines s’ouvrent maintenant au grand public. De plus en plus de propriétaires souhaitent pratiquer une activité avec leur compagnon à quatre pattes et se tournent vers l’une de ces disciplines

Présentation de la discipline Agility

L’agility, en tant que discipline sportive canine a débuté en 1978, en Angleterre, lors de la CRUFT, la plus grande exposition canine internationale. D’après le site de la CNEAC, la discipline compte aujourd’hui, en 2019, près de 12 000 licenciés et 900 concours sont organisés en France chaque année. Elle consiste à faire négocier au chien un parcours d’obstacles élaboré et réfléchi, dans un temps défini (le temps moyen d’un parcours est de 50 secondes) et avec le moins de pénalités possibles sur le score de pénalités de départ qui est de 0. L’agility permet de travailler, entre autres, la concentration du chien envers son maître qui lui indique au fur et à mesure quel obstacle il doit franchir à l’aide de sa voix ou de sa gestuelle, sans laisse ni collier. Bien qu’étant une discipline ludique, sa base reste l’éducation canine. Comme le présente la CNEAC, l’agility : « c’est un jeu d’adresse qui allie éducation, complicité et vélocité »1.

Les modalités de la compétition

L’agility propose au duo maître/chien d’évoluer selon différents niveaux (grade 1, grade 2 et grade 3) ayant des consignes de notations de plus en plus exigeantes et des parcours de plus en plus complexes.

Les maîtres sont répartis dans trois classes (sénior pour les 19 ans et plus, junior jusqu’à 18 ans inclus et handi). La classe junior est sous-divisée en trois classes : junior 11 pour les enfants âgés de 11 ans et moins, junior 14 pour ceux âgés entre 12 et 14 ans, et junior 18 pour ceux âgés de 15 à 18 ans. Les classes, junior 11 et handi, ne sont classées que sur 2 grades et non 3.

Pour pouvoir entrer en compétition, il faut être licencié auprès d’un club canin, passer un « examen » s’assurant que le duo est prêt pour la compétition : le pass agility. Il faudra également passer un autre « examen » s’assurant de la sociabilité du chien, il s’agit ici du CSAU (Certificat de Socialisation et d’Aptitude à l’Utilisation), délivré par la Commission d’Utilisation nationale ou du CAESC (Certificat d’Aptitude à l’Education et aux Sports Canins) délivré par la Commission Nationale d’Education et Activités Cynophiles  (un seul des deux tests est suffisant).

Les catégories de chiens

  • Les chiens sont classés en plusieurs catégories. Elles sont définies par leur hauteur au garrot ou leur appartenance à une race, indépendamment de la taille de ces individus.
  • la catégorie A regroupe les chiens mesurant moins de 37 cm au garrot ;
  • la catégorie B, ceux mesurant entre 37 et moins de 47 cm au garrot ;
  • la catégorie C, ceux mesurant 47 cm ou plus ;
  • enfin, la catégorie D, regroupe les chiens de types croisés pesant plus de 50 kg.2.

La liste précitée des races de chiens n’est sont pas exhaustive.

Les différents obstacles utilisés pour l’Agility

On distingue trois types d’obstacles : les sauts, les obstacles à zones et les autres.

Catégorie ACatégorie BCatégorie CCatégorie D
25 à 30 cm35 à 40 cm55 à 60 cm35 à 40 cm

La hauteur des sauts pour les haies et le mur peut être baissée de 5 cm si les conditions sont jugées particulièrement difficiles (fortes chaleurs ou intempéries par exemple). On note aussi qu’un parcours débute et se termine obligatoirement par un saut.

La haie simple

La haie simple consiste à faire sauter le chien par-dessus une barre située  entre 30 et 60 cm du sol selon la catégorie du chien. Elle mesure environ 125 cm de long pour un diamètre de 4 cm. Elle est en bois ou matériau synthétique mais jamais en métal.

La haie double (ou oxer) 

La haie double est constituée de deux haies simples assemblées en ligne droite. On note une différence de hauteur des barres  comprise entre 15 et 25 cm. La barre arrière doit être plus longue que la première pour ne pas rétrécir la largeur du saut. Ce qui change par rapport à la haie simple est la profondeur du saut qui oscille entre 30 et 50 cm selon la catégorie du chien.

Le mur (ou viaduc) 

La largeur du mur est comprise entre 120 et 130 cm et son épaisseur est d’environ 20 cm. Il peut avoir un panneau plein ou une ou plusieurs ouvertures en forme d’arche. Sur la partie supérieure du mur sont disposées des tuiles qui permettent de comptabiliser les fautes en cas de chute de l’une ou  de plusieurs d’entre elles. La hauteur est la même que pour les haies.

Le pneu avec cadre

Le pneu avec cadre doit être réglable en hauteur, s’ouvrir de 2 à 4 parties lorsqu’une force équivalente à un poids de 8 kg est exercée sur lui2. Son diamètre doit être compris entre 45 et 60 cm et la hauteur de son axe entre 55 et 80 cm selon la catégorie du chien. Ce type de saut doit être progressivement remplacé, d’ici le 1er janvier 20233, par le pneu sans cadre, jugé plus sûr.

Le pneu sans cadre

Le diamètre d’ouverture et la hauteur de l’axe du pneu sans cadre sont les mêmes que pour le pneu avec cadre. Le pneu doit être fabriqué avec un matériau absorbant les chocs. Des montants de chaque côté assure sa stabilité mais ne doivent pas dépasser la hauteur du pneu.

Le saut en longueur 

Le saut en longueur mesure entre 40 et 150 cm de long sur 120 cm de large minimum. Il est constitué d’un ou plusieurs éléments disposé par hauteur croissante. Le plus petit élément ne peut être inférieur à 15 cm tandis que le plus haut ne doit pas excéder 28 cm.  Le saut est délimité par des piquets disposés aux quatre coins et servants à le matérialiser.

Les obstacles à zones 

Les obstacles à zones sont appelés comme ceci car ils ont la particularité d’avoir une zone de contact, au commencement et à la fin de l’obstacle, dans laquelle le chien doit impérativement poser au moins l’une de ses pattes.

La passerelle : elle mesure entre 120 et 130 cm de haut, 30 cm de large et entre 3,6 m et 3,8m. Des petites baguettes de bois (appelées liteaux) se trouvent sur les parties ascendantes et descendantes de la passerelle et permettent au chien de ne pas glisser et d’assurer sa montée.  Le chien doit mettre obligatoirement une patte dans la zone de contact à la montée comme à la descente. Cette dernière est  matérialisée par une couleur différente appliquée sur 90 cm de longueur par rapport au sol.

La balançoire 

La balançoire mesure entre 3.65 m et 3.80 m de long, 30 cm de large et son pivot central est à 60 cm du sol. Comme pour la passerelle, les zones de contacts sont matérialisées par une couleur différente sur 90 cm de long au commencement et à la fin de l’obstacle. On ne trouve pas de liteaux sur cet obstacle mais il doit être recouvert d’un matériau antidérapant. La balançoire doit être équilibrée et son basculement ne doit être ni trop rapide ni trop dur3.

La palissade 

La palissade est composée de deux éléments formant un A dont le point le plus haut se trouve à 170 cm du sol. Elle mesure 90 cm de large. Chaque élément mesure entre 2.65 et 2.76 m de long. Des liteaux sont indispensables sur tout l’obstacle pour permettre au chien de ne pas glisser et de monter plus facilement. Les zones mesurent 106 cm et sont matérialisées par une différence de couleur.

Le tunnel souple (ou chaussette)

L’ entrée du tunnel souple est constituée d’une arche rigide ou semi-rigide de 60 cm de haut, de 60 à 65 cm de large et de 90 cm de long. Le reste du tunnel est souple et mesure  de 180 à 220 cm de long pour 60 à 65 cm de large.

Le tunnel rigide 

Le tunnel rigide est flexible, de surface uniforme et de couleur claire si possible. Il doit être étiré sur toute sa longueur qui doit être comprise entre 3 à 6 m. Son diamètre, lui, est de 60 cm.

Le slalom 

Le slalom est constitué de 12 poteaux  de 3 à 5 cm de diamètre et de 1 à 1.2m de haut. Ils sont disposés à 60 cm les uns des autres sur un socle. Les poteaux doivent être rigides (les poteaux souples non cassants sont autorisés)3.  Le chien doit impérativement entrer épaule gauche en premier

Les pénalités

Chaque candidat part avec un score de pénalité de 0. Le but est de terminer le parcours en restant le plus proche du score de départ.

On distingue deux sortes de pénalité : les pénalités de temps (appliquées lorsque le temps de parcours maximum est dépassé) et les pénalités pour fautes de parcours (elles comprennent les fautes et les refus). L’élimination existe aussi, mais le juge peut vous autoriser à terminer votre parcours pour le plaisir et surtout pour ne pas vous  frustrer vous et votre chien !

En savoir plus sur les fautes, refus et élimination

Les fautes entraînent une augmentation du score de 5 points mais on peut poursuivre le parcours sans reprendre l’obstacle contrairement au refus qui, si on ne repasse pas l’obstacle, devient éliminatoire. Chaque seconde de dépassement de temps fait augmenter le score d’un point, un dixième de seconde de 0.1 point et un centième de seconde de 0.01 point.

L’Agility, un sport canin pour travailler en douceur avec votre chien

J’espère que cet article aura pu vous faire découvrir, ou redécouvrir, les règles de l’agility.

La pratique en compétition permet de travailler la concentration du chien. Il doit suivre les indications de son maître malgré le bruit souvent présent lors des concours, la présence du juge sur le terrain et de nombreuses autres personnes autour.

 Sa pratique en tant que loisir, est intéressante pour permettre de travailler la relation entre le maître et son chien. 

Je cite ici quelques dérivés de cette discipline : hoopers (franchissement d’un parcours d’obstacles sans aucun saut), jumping (franchissement d’un parcours d’obstacle fait uniquement de saut), obéjump (mixte entre franchissement d’obstacles et obéissance).

Références bibliographiques

  • CNEAC. Présentation de l’agility ;
  • Règlement d’agility de la Fédération Cynologique Internationale modèle CNEAC, à partir du 1er janvier 2018(mis à jour le 16-12-2018) ;
  • Le petit règlement d’agility en images (mis à jour le 1-07-2018). (Société Centrale Canine (SCC), 2018) ;
  • Wikipedia Agility